C’est le titre et le premier vers d’un poème de Jean Rousselot découvert il y a plus d’une vingtaine d’années au hasard d’une anthologie de la poésie française empruntée dans une bibliothèque et dont j’ai soigneusement oublié la référence. Je l’avais précieusement recopié dans un de mes cahiers de l’époque. J’avais eu du mal à le retrouver sur le Web pour le citer voici une dizaine d’années, aujourd’hui je constate avec plaisir que la blogosphère l’a sorti de l’oubli, par exemple ici (je n’aime pas trop l’illustration) ou  (avec une photo du poète), ou encore (un peu noyé dans la pub). Je ne vais pas le recopier ici intégralement, prenez donc le temps d’aller voir un des liens, une visite ça fait toujours plaisir, et si vous n’avez pas le temps de faire le détour, lecteurs pressés, retenez ces quelques vers qui à eux seuls méritent qu’on s’y arrête.

Il faudrait pouvoir entrer sans frémir
Dans les choses
Comme les choses
Entrent dans les choses.

Une grande leçon à méditer par tous les petits électrisés du monde dont la pensée ne construit rien et que le sentiment épuise. Leçon de vie, leçon d’écriture. Pour atteindre à cette simplicité des choses, il faut sans doute prendre le temps. Le temps de lire, lentement, de relire, d’entrer dans un livre, de s’en imprégner. Le temps d’écrire, encore plus lentement, et de relire et de réécrire, pour que chaque phrase donne l’occasion au lecteur d’entrer à votre suite dans les choses s’il veut bien prendre le temps.

Cela veut dire sans doute, bien sûr, accepter d’écrire un seul livre quand on prétendait en écrire cent, une page quand on prétendait écrire cinq chapitres, prendre dix ans pour ce qu’on voulait boucler en trois mois en comptant ses mots tous les soirs. On me rétorquera qu’il y a des auteurs géniaux et prolifiques qui publient un pavé de mille pages tous les ans, et que l’écriture c’est comme l’exercice physique plus on s’entraîne plus on devient performant. Voilà le mot lâché, la performance. Avec son cortège de méthodes, le coaching, le développement personnel et toutes ces escroqueries dans l’air du temps. Oui, décidément, ce poème de Jean Rousselot est bien anachronique, et donc devait trouver ici l’hommage qu’il mérite.

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3 réflexions sur “Il faudrait être encore plus simple

      1. oui sais bien mais «  »ma marque de fabrique » »
        une habitude que j’ai prise depuis .. oh près de 10 ans!!
        Amicalement
        Ch

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