Je vais encore vous parler d’Alain Mabanckou, comme dans le billet précédent, à peine plus sérieusement. Je déguste actuellement à petites gorgées son excellent ouvrage Le monde est mon langage qui me donne envie de lire nombre d’auteurs dont le nom m’était pour certains à peine familier, et pour d’autres rigoureusement inconnu. Un livre qui vous ouvre la porte de cent autres livres, voilà qui est précieux! Dans un chapitre consacré à la difficulté de publier de la poésie de nos jours, Mabanckou cite l’écrivain djiboutien Abdourahman Waberi.

En fait je suis un trafiquant. Je fais de la poésie, mais comme ça ne se vend pas, je la maquille en roman…

Voilà une formule que je reprendrais volontiers à mon compte, même si je ne suis pas sûr que le maquillage en question soit vraiment une recette pour vendre, surtout que la plupart du temps il est incapable de dissimuler la vraie nature de celle qu’il est censé camoufler. Car la véritable poésie transpire à chaque page et ne peut rester longtemps clandestine.

En lisant cette citation, je me suis rendu compte qu’en fait c’est bien cela qui préside la plupart du temps à ma décision de lire ou non un roman. J’ouvre au hasard, au début, au milieu, à la fin, n’importe où, et si au bout d’une page je n’ai senti aucun souffle poétique je referme. Sans lire la quatrième de couverture, ni le synopsis ni la biographie de l’auteur. En fait je ne lis que de la poésie, mais aujourd’hui il faut savoir la traquer dans les romans, comme nous dit plus loin Mabanckou. Des exemples de cette poésie de contrebande , il en donne dans la littérature africaine contemporaine, mais je ne vais pas le copier plus avant ici, je vous renvoie à son livre pour les découvrir. Pour ma part si je ne devais citer qu’un titre dans mes lectures de ces dernières années, j’irais le chercher dans la littérature anglo-saxonne, sous la plume de Susan Fletcher dans Les reflets d’argent. Là aussi, je ne peux que vous conseiller de le lire, cela vaudra mille fois toutes les explications que je pourrais donner. Car la poésie ne s’explique pas, elle se montre.

Alors, bien sûr je ne suis pas vraiment étonné mais quand même assez heureux de voir que le qualificatif qui revient le plus dans les commentaires de Parure des Songes, c’est « poétique ». On écrit comme on lit, j’y reviens toujours.

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